PANIQUE AU MINISTÈRE ( la 300ème à Paris )
Par Jean Michel Paris le mardi, 22 juin 2010, 16:42 - PRESSE - Lien permanent
À la demande générale et de Régis en particulier ! 
Un vaudeville sous LSD L’histoire de « Panique au ministère » pourrait être celle d’un bon vieux vaudeville, sauf que les personnages se croisent dans le bureau de la directrice de cabinet du ministre de l’Education nationale. Mère divorcée psychorigide, entièrement vouée à son travail, la « dircab » (Marie Parouty) est troublée par un jeune homme de ménage (Edouard Collin), tandis que son patron de ministre (Raymond Acquaviva) doit gérer les assauts de son ex-femme (Elie Axas), que sa fille (Camille Hugues) vit une histoire d’amour secrète et que sa mère (Amanda Lear) débarque en plein trip de LSD à toute heure du jour et de la nuit.
Tout cela serait sans intérêt sans les répliques hilarantes et assassines qui fusent et sans l’abattage des comédiens, notamment Marie Parouty et bien sûr Amanda Lear, qui déclenche les fous rires du public dès qu’elle ouvre la bouche.
THÉÂTRE. « Panique au ministère » : bientôt la suite On ne l’avait pas vu venir, mais la pièce est un énorme succès. Alors qu’on joue sa 300ème ce soir, ses deux auteurs réfléchissent à une suite, toujours avec Amanda Lear THIERRY DAGUE | 19.06.2010
Panique sur les Grands Boulevards : comment une comédie signée par deux inconnus, avec à l’affiche une ex-animatrice télé qui n’avait jamais mis les pieds sur les planches, a-t-elle pu écraser la concurrence et devenir l’un des plus gros succès de ces deux dernières années ? Alors que « Panique au ministère » fête aujourd’hui sa 300ème et quitte Paris pour une longue tournée*, les auteurs Jean Franco et Guillaume Mélanie nous livrent leurs secrets de fabrication.
« Amanda Lear a été notre chance. » En supermamie trash qui sort jusqu’au bout de la nuit, Amanda Lear casse la baraque. « On n’avait pas du tout écrit la pièce pour elle, avoue le duo Franco-Mélanie. C’était une commande pour une autre comédienne, on pensait que le projet ne se ferait pas, alors on s’est lâchés. La pièce est arrivée entre les mains de Jean-Claude Camus qui a suggéré Amanda. Dès la première réplique, c’était une évidence. C’est une chance énorme qu’elle fasse ses débuts sur scène avec nous. » « Elle nous fait hurler de rire. » L’ex-égérie de Dali, devenue reine du disco puis star des plateaux télé, a mis son grain de sel dans la pièce.
« Dans la vie, Amanda n’est pas comme son personnage. C’est quelqu’un qui passe ses journées à peindre, entourée de ses chats, précisent les auteurs. Ce qu’elle a en commun avec le rôle, c’est son humour, son auto-dérision. Elle nous fait hurler de rire ! On lui a piqué des répliques. Quand elle dit : Je vous embrasse pas, je viens de me faire botoxer, elle nous l’a vraiment dit ! »
« On a modernisé le genre. » Pourquoi un tel succès ? Les deux trentenaires évoquent « une bonne alchimie » entre leurs répliques ravageuses, les acteurs Natacha Amal puis Marie Parouty, Raymond Acquaviva, Edouard Collin, etc. et l’intrigue, située dans un cabinet ministériel.
« La pièce a été écrite juste après la présidentielle de 2007, impossible de ne pas glisser quelques clins d’oeil. » Sous leur plume, le théâtre de boulevard prend un coup de jeune. « On ne s’est pas levés un jour en pensant qu’on allait révolutionner le boulevard, mais les gens nous disent qu’on a modernisé le genre. Tant mieux ! »
« La télé nous fait les yeux doux. » Créée en mars 2009, « Panique au ministère » n’a plus quitté l’affiche depuis, changeant quatre fois de théâtre. Un triomphe qui a alléché plus d’un producteur. « Oui, on nous sollicite pas mal », confirment les deux prodiges, amis depuis dix ans et qui ont déjà joué ou mis en scène plusieurs pièces de café-théâtre. « La télé nous fait les yeux doux. TF 1 nous a donné carte blanche pour une série ou un téléfilm, mais ils ne savent pas ce qu’ils veulent, alors on a jeté l’éponge. » « On réfléchit à une suite. » Jean Franco et Guillaume Mélanie ont déjà écrit une autre pièce, mais couvent toujours leur « Panique au ministère ».
« On va souvent dans la salle écouter rire les gens, c’est dur de résister ! confient-ils. Même si on ne voulait pas en faire une, on réfléchit à une suite. Amanda Lear nous a soufflé une idée qui nous a emballés. Elle est heureuse sur scène, elle fait ça très sérieusement et a vraiment envie de continuer. »
* Au Théâtre de la Porte Saint-Martin, Paris X e , dernière ce soir. En tournée à partir du 2 octobre à Enghien, Biarritz, Amiens, Marseille, etc.


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